Dès qu’un enfant apprend à parler, ses parents lui enseignent les rudiments de la politesse et des bonnes manières. « S’il vous plaît », « Merci », « Oui »... Dire oui est effectivement une forme de politesse qui contribue à projeter une bonne image de soi aux autres. Par contre, dire oui à tout ce qu’on vous demande peut devenir une mauvaise habitude qui nous fait perdre temps et énergie. Parfois, dire oui aux autres, c’est se dire non à soi-même. C’est aussi ne pas atteindre ses propres objectifs, ce qui, à long terme, peut affecter l’image et l’estime de soi. Un « « oui » » non réaliste devient également une source de stress importante, surtout dans un contexte de travail où la pression est déjà grande.

Apprendre à dire non ne veut pas dire tout refuser systématiquement et devenir strictement égoïste! Cela veut simplement dire de réfléchir avant d’accepter une demande et de savoir où, et surtout pourquoi établir une limite. Si vous avez de la difficulté à dire « non », la première étape est de comprendre pourquoi vous dites oui, même lorsque cela vous est impossible. Voici quelques pistes de réflexion. Peut-être dites-vous systématiquement oui : 

  • Par peur d’être rejeté si votre non vous fait paraître bête ou antipathique
  • Pour ne pas décevoir et être à la hauteur de la confiance que les autres vous démontrent en s’adressant à vous
  • Comme forme de chantage (dire oui dans l’espoir d’obtenir quelque chose en retour ou « d’en avoir une en banque »)
  • Par fatalisme, en croyant que vous n’avez pas le choix (vous vous positionnez ainsi en « victime » de la situation)
  • Par résistance passive, c’est-à-dire en acceptant pour mieux court-circuiter ou détruire (ce qui est très risqué d’un point de vue professionnel!)
  • Par facilité, parce que vous n’aurez pas à expliquer votre oui autant que votre non
  • Par sentiment d’infériorité
  • Par habitude

Dire non est plus exigeant que dire oui. Toutefois, en apprenant à dire non de façon constructive, vous éviterez une surcharge de travail, tout en maintenant de bonnes relations avec vos collègues et patrons. Les éléments suivants vous guideront dans le développement de votre habileté à dire non de façon constructive.

Prendre le temps de réfléchir avant de donner une réponse. En effet, vous pouvez vous octroyer un temps de réflexion avant de rendre votre réponse. Il ne faut parfois que quelques minutes, sans la présence de la personne qui fait la demande, pour consulter son agenda, sa liste de choses à faire et sa planification et prendre une décision éclairée. Afin de ne pas irriter votre interlocuteur, précisez le moment auquel vous lui rendrez une réponse. Par exemple : « Laisse-moi une heure pour que je consulte mon agenda et mes priorités de la semaine et je te reviens avec ça ».
Faire abstraction de la personne. Il y a des collègues pour qui vous décrocheriez la lune s’ils vous la demandaient! Vous les appréciez, vous avez du plaisir à travailler avec eux, mais il faut reconnaître que le temps que vous consacrez à les aider entre parfois en conflit avec certains autres aspects de votre travail. Il faut arriver à leur dire non à eux aussi! La possibilité de ressentir un malaise ou de la culpabilité est
toutefois beaucoup plus grande. Pour limiter ces effets, précisez à vos collègues que vous aimeriez le faire pour eux, mais que la situation ne vous le permet pas cette fois-ci.
Argumenter. N’hésitez pas à expliquer les raisons qui vous amènent à refuser. D’une part, cela permettra à votre interlocuteur de constater votre bonne foi. D’autre part, cela peut donner une autre issue à la situation. Par exemple, si vous devez dire non à votre patron en raison d’une charge de travail déjà très grande, ce dernier pourra vous libérer d’une autre tâche ou vous donner un plus long délai pour vous acquitter de celle-ci.
Présenter des contre-propositions ou d’autres solutions. Présentez-vous comme un gagnant et non pas comme une victime. Vous devez refuser? Vous avez très certainement une ou des idées pour aider votre collaborateur à obtenir satisfaction. Vous pouvez proposer une autre échéance, une collaboration partielle, etc. Votre image et la relation que vous entretenez avec cette personne seront préservées, voire améliorées.
Mesurer les risques du refus. Évidemment, il est parfois difficile de dire non pour des raisons humaines ou politiques. Il y a un bon moment pour tout. Lorsque les circonstances ne se prêtent pas à un refus, il vaut parfois mieux accepter. Toutefois, après l’événement, lorsque la poussière sera retombée, vous devez rediscuter de la situation avec la personne, expliquer pourquoi vous auriez dû refuser et faire les ajustements requis pour éviter qu’une telle situation se reproduise.

Apprendre à dire non n’est pas toujours facile, mais c’est assurément l’une des clés de l’équilibre, tant dans la vie personnelle que professionnelle.